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Léa RENARD, lauréate du prix de thèse académique 2020

Léa RENARD est lauréate du prix de thèse académique 2020 avec 7 autres docteur.e.s pour sa thèse présentée en 2019 et intitulée "Socio-histoire de l’observation statistique de l’altérité : Principes de classification coloniale, nationale et migratoire en France et en Allemagne (1880-2010)". Les prix de thèse académiques ont récompensé huit docteur.e.s dont le travail de thèse est jugé d’une qualité exceptionnelle, selon des critères d’excellence propres à chaque champ disciplinaire et représenté par les 13 écoles doctorales du site.
Lauréate du prix de thèse académique 2020 : Léa RENARD

Léa RENARD, lauréate du prix de thèse académique 2020Intitulé de la thèse : Socio-histoire de l’observation statistique de l’altérité : Principes de classification coloniale, nationale et migratoire en France et en Allemagne (1880-2010).

Ecole doctorale : Sciences de l’Homme, du politique et du territoire - SHPT

Spécialité : Science politique

Laboratoire : laboratoire de sciences sociales - PACTE (CNRS / UGA / Sciences Po Grenoble-UGA)

Directrices de thèse : Martine KALUSZYNSKI et Theresa WOBBE (cotutelle avec l'Université de Potsdam - Allemagne)

Mots clés : Allemagne, immigration, socio-histoire, statistique, colonialisme

La thèse est centrée sur les modes de catégorisation statistique de l’altérité en France et en Allemagne, de la fin de XIXème siècle au début du XXIème siècle. Au croisement de la science politique et de la sociologie, cette thèse s’intéresse aux processus socio-historiques par lesquels la statistique enregistre et construit la composante migratoire des populations.

Abstract
Autour de 1990 en France et de 2005 en Allemagne, deux nouvelles catégories sont introduites dans le champ de la statistique de la population. Toutes deux, « immigré » et « Person mit Migrationshintergrund », font appel au registre de la migration pour qualifier un groupe de population. Notre analyse montre que ces deux événements sont révélateurs d’un changement de signification des catégorisations statistiques de la migration dans les deux pays, de la description de la mobilité vers l’observation de l’altérité de la population, changement lié au contexte de la politique publique dite d’« intégration » qui se développe en France et en Allemagne dans les années 1990-2000. La thèse interroge ainsi la manière dont la statistique rend la migration socialement pertinente pour construire l’altérité. Pour pouvoir comprendre le virage entrepris dans les nomenclatures statistiques et le resituer dans une perspective de longue durée, nous avons postulé qu’il fallait aller chercher dans l’histoire de la statistique ce qui avait tenu lieu de classification principale de la population, en lieu et place des nouvelles catégories inventées au tournant des XXe et XXIe siècles. Nous nous sommes donc interrogée sur la genèse et l’institutionnalisation des catégories de l’altérité et de la mobilité dans la période 1880-1914, alors que la France et l’Allemagne, à l’époque le Deutsches Kaiserreich, se constituent en États-nations et en empires coloniaux. Pour observer ces processus empiriquement, nous avons choisi de comparer les pratiques de catégorisation de l’altérité et la mobilité (1) en France et en Allemagne, (2) à deux périodes différentes, 1880-1914 et 1990-2010, et (3) dans le contexte métropolitain et colonial. L’analyse socio-historique comparée d’après la méthodologie de la comparaison en contexte a reposé sur une asymétrie assumée entre les deux périodes étudiées : tandis qu’il s’agissait de reconstruire la genèse des catégories « immigré » et « Person mit Migrationshintergrund » à deux moments distincts temporellement en France et en Allemagne, l’analyse de la période 1880-1914 a consisté à mettre au jour ruptures et continuités historiques des principes de classification sur l’ensemble de la période dans une perspective croisée. La démarche n’est ni chronologique ni rétrospective : elle contraste deux configurations historiques pour tenter d’identifier des ressemblances et des différences. Nos résultats montrent qu’entre 1880 et 1914, la catégorie de migration est majoritairement associée à un phénomène de mobilité dans les discours politiques et statistiques. À cette époque, la focale se porte sur l’émigration, redéfinie comme un déplacement géographique en dehors des frontières de la nation et de l’Empire. Le transport des « émigrants », catégorie de population qui nourrit le débat et les tableaux statistiques, fait l’objet des problématisations politiques. Les statistiques relatives à l’émigration comme mobilité étaient alors séparées de l’observation de la composition de la population, à travers le critère de la nationalité dans le contexte métropolitain et des schémas « raciaux » dans le contexte colonial. En 1990 en France et 2005 en Allemagne, le registre de la migration est mobilisé cette fois pour observer statistiquement la composition de la population. Nos résultats ont permis de mettre au jour trois principes de construction de l’altérité dans les deux pays et dans les deux périodes étudiées : un principe national, un principe colonial et un principe migratoire. La thèse développe ainsi une approche renouvelée des interactions entre observation statistique et politique publique, en testant empiriquement sur le terrain des statistiques relatives à la migration l’hypothèse de la « circularité du savoir et de l’action » mise au point par Alain Desrosières.

> Découvrir tous les lauréats des prix de thèse 2020


Mise à jour le 3 juin 2020

Déménagement

Le Collège et les écoles doctorales (hormis Philo) déménagent le 1er septembre 2020 pour rejoindre la Maison Jean Kuntzmann au 110 rue de la Chimie 38400 Saint-Martin-d'Hères sur le Domaine Universitaire (Tram B et C, Arrêts "Bibliothèques universitaires").
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