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La recherche comme antidote à la routine

Témoignage d’Ayssar Serhan, doctorant au Laboratoire IMEP-LAHC

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Originaire du Liban, Ayssar Serhan prépare un doctorat de nanoélectronique au laboratoire IMEP-LAHC sous la direction de Jean-Michel Fournier et Estelle lauga-Larroze. Il soutiendra sa thèse en septembre 2015. Dans ce témoignage, il revient sur son parcours et se confie sur son vécu en doctorat.

Du Liban à Grenoble

"J’ai fait ma première année de master au Liban, mon pays natal. Ensuite j’ai obtenu une bourse de la Région Rhône-Alpes pour faire ma 2ème année en Master nanoélectronique et nanotechnologie (NENT), co-habilité par l’Université Joseph Fourier et Grenoble INP. Etant très bien classé, j’ai décroché une bourse ministérielle. J’ai fait mon stage de Master Recherche au sein du laboratoire TIMA à Grenoble."

"Au Liban nous faisons nos études en français et il existe une excellente relation avec les laboratoires grenoblois. Beaucoup de professeurs du labo vont donner des cours au Liban. Grâce à ces partenariats, des élèves comme moi arrivent à venir ici. Il est vrai que, là-bas, nous n’avons pas les mêmes ressources : nous ne pouvons pas aller si loin dans la recherche et l’expérimentation de théories."

"Dans le domaine des nanotechnologies et de la nanoélectronique, Grenoble est la 1ère ville française en termes de ressources matérielles et de compétences. Avec notamment STMicroelectronics, le CEA, le LMGP, Grenoble INP et l’UJF, Grenoble constitue un environnement complet pour ceux qui souhaitent travailler dans le domaine des technologies avancées. Par ailleurs, Grenoble est une belle ville et sa taille modeste fait qu’elle est facile à comprendre, contrairement à Paris."

Un doctorat pour développer son “esprit du chercheur”

"Je me suis toujours destiné à faire une thèse. J’avais plusieurs propositions de sujets et j’ai choisi de travailler sur la radiofréquence à l’IMEP-LAHC. C’était le chemin le plus sûr tant pour la bourse que pour le choix de sujet.

"J’ai toujours voulu faire de la recherche pour ne pas tomber dans une routine. Quand tu es ingénieur dans une entreprise, la priorité c’est de produire, et lorsque l’on rentre dans un cycle de production ce n’est pas facile d’apprendre des choses nouvelles. En doctorat, tu as la chance de faire ce dont tu as envie, dans un contexte bien défini, où tu acquiers des compétences et fais évoluer les autres."

"En doctorat, nous « gagnons » l’esprit du chercheur, on apprend une méthodologie : savoir où il faut chercher, quelles sont les sources « de confiance », trouver quel est le chemin le plus court pour résoudre un problème. La thèse requiert pas mal de compétences en gestion de projet également."

Enseigner et rester à la pointe de l’actualité

"En parallèle, j’enseigne à Grenoble INP – Phelma depuis 3 ans. C’est un plaisir de former des gens. Je trouve que dans cet exercice, nous mettons en œuvre nos compétences : la communication, gérer les conflits, identifier les élèves qui ont des soucis ou des points faibles. Je pense que le contact des doctorants est également intéressant pour les élèves : nous n’avons pas tant de différence d’âge et cela les motive, leur montre que c’est possible.

"Par ailleurs, les thésards sont souvent proches de l’actualité et voient quels sont les challenges d’aujourd’hui. Nous faisons travailler les étudiants sur des sujets très actuels et pouvons donc leur passer les compétences requises maintenant et non seulement du savoir théorique. Lorsque l’on travaille dans le domaine des nanos, on est obligé de se maintenir à la pointe de l’actualité."
 

Le doctorat : une expérience pleine d’opportunités à saisir

"Aujourd’hui, je suis en 3ème année de thèse, j’ai pu participer à de nombreuses conférences aux Etats-Unis, à Grenoble et même au Liban. Je trouve que c’est l’un des avantages de la thèse : grâce à ces conférences et colloques, nous avons l’occasion de valoriser notre travail et de rencontrer nos homologues. Si j’étais salarié d’une entreprise, je ne pense pas que j’aurai le temps de faire des conférences : c’est le privilège de vivre une expérience de recherche. J’ai pu faire beaucoup de choses que je n’aurais pas pu découvrir si je n’avais pas fait de thèse, notamment les voyages et la découverte d’autres cultures lorsque l’on se rend à des conférences."

"Après ma soutenance en septembre, j’ai un CDD de 3 ans au CEA et je resterai vacataire pour les cours, notamment pour ne pas faire de rupture dans le programme pédagogique."

“Tout le monde n’est pas fait pour faire une thèse, bien entendu. Mais ceux qui sont curieux et veulent vivre une expérience multiple dans plusieurs dimensions, apport scientifique, mais aussi personnel, je les encouragerai à faire une thèse pour voir si la recherche leur plait ou non. Beaucoup d’entreprises vivent, en partie, grâce à la recherche en laboratoire. Elles ont donc besoin de chercheurs."


Puce indiquant un lien externe Propos recueillis par Grenoble INP


Mise à jour le 3 septembre 2015

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