Maxence Denu a reçu le prix de thèse académique interdisciplinaire 2026 pour ses travaux de recherche parmi les docteurs diplômés en 2025.
Intitulé de sa thèse : Déployer l'industrie 5.0 pour les systèmes de production circulaires : une approche systémique et centrée sur l'humain
Le défi de la circularité industrielle
Face à l'urgence climatique et à l'épuisement des ressources, l'industrie doit opérer une mutation profonde : passer du modèle linéaire « extraire-produire-jeter » à une économie circulaire où les produits sont réparés, réutilisés ou refabriqués. Cette transition vers le « remanufacturing » introduit une complexité majeure. Contrairement à la production neuve, chaque produit entrant est unique par son état d'usure, rendant les opérations d'inspection et de démontage incertaines et exigeantes.
Ancrage réel et expérimentation en usine-école
La thèse de Maxence propose des outils concrets pour naviguer dans cette complexité en plaçant l'opérateur humain au centre de la stratégie digitale. Pour explorer les enjeux de santé et de montée en compétence, une expérimentation d'envergure en usine-école réunissant plus de 50 participants a été menée. Elle a permis de collecter des données précises sur la charge physique, cognitive et les courbes d'apprentissage des opérateurs. Ces données ont alimenté un modèle de simulation numérique d'un atelier circulaire — un outil classique en ingénierie, mais ici enrichi d'indicateurs de santé et de compétences. Ces dimensions sont habituellement négligées par les outils de simulation traditionnels, comme si l'atelier fonctionnait tout seul. Grâce à cette approche, différents scénarios de formation ont été testés, révélant par exemple que le fractionnement des tâches longues en séquences courtes réduit significativement la fatigue sans nuire à la performance opérationnelle.
L'assistance technologique au service du savoir-faire
L'intégration de la robotique collaborative (cobots) a également été explorée, non comme un remplacement de l'homme, mais comme un assistant préservant sa santé et son autonomie. Dans les expériences menées, le cobot positionnait les pièces et affichait les instructions, réduisant les efforts physiques sans priver les opérateurs de leur expertise technique. Cette recherche aboutit à une méthodologie pratique permettant aux industriels de concevoir des ateliers à la fois rentables et épanouissants.
Une architecture interdisciplinaire
Le succès des recherches de Maxence repose sur leur ADN hybride, au carrefour du Génie Industriel (flux et performance) et de l'Ergonomie / Psychologie du Travail (analyse de l'activité humaine). Co-encadrée par des experts de ces deux mondes, sa thèse a fait dialoguer la modélisation mathématique et l'observation fine du terrain. Cette pluridisciplinarité s'est concrétisée par des publications croisées dans des revues de référence (Sustainable Production and Consumption, Applied Ergonomics ou encore International Journal of Social Robotics). Elle prouve qu'une technologie n'est efficace que si elle est coconstruite avec ses utilisateurs, faisant de l'interdisciplinarité la clé de voûte de l'industrie du futur.
Mots clés : systèmes de production, économie circulaire, Industrie 5.0, compétences humaines, bien-être des opérateurs, soutenabilité
École doctorale : ED I-MEP² – Ingénierie - Matériaux, mécanique, environnement, énergétique, procédés, production Laboratoire d’accueil : Laboratoire de sciences pour la conception, l'optimisation et la production (G-Scop, CNRS/UGA ̶ Grenoble INP-UGA) Direction de thèse : Pierre David, Fabien Mangione et Aurélie Landry
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