Transition énergétique : Justine Duval, doctorante à l’UGA, lauréate du Prix L’Oréal-UNESCO

Distinction / Prix Recherche
le  7 octobre 2026
Doctorante à l’Université Grenoble Alpes au sein de l’école doctorale I-MEP² et du CEA-Liten, Justine Duval figure parmi les 35 jeunes chercheuses récompensées par le Prix L’Oréal-UNESCO « Pour les Femmes et la Science » France 2026. Ses recherches sur les systèmes énergétiques bas-carbone et la justice énergétique contribuent à éclairer les choix nécessaires à la transition écologique.
Comment répartir les moyens de production et de stockage d’énergie bas-carbone à l’échelle mondiale pour répondre au mieux aux besoins des différents territoires ? C’est la question au cœur des travaux de thèse de Justine Duval, doctorante UGA au sein de l’école doctorale I-MEP² et du CEA-Liten, dans le domaine de l’énergétique et du génie des procédés.

Intitulée Pour une répartition équitable des moyens de production et de stockage d'énergie bas carbone : une approche mondiale régionalisée pour une allocation optimale des ressources, sa thèse s’intéresse aux transformations profondes que doit connaître le système énergétique face à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’électrifier les usages.

Le développement massif des énergies renouvelables intermittentes, notamment l’éolien et le photovoltaïque, implique en effet de repenser la manière dont les systèmes énergétiques assurent en permanence l’équilibre entre production et consommation. Le besoin de flexibilité, c’est-à-dire la capacité à adapter la production, le stockage ou la consommation aux variations de la production et de la demande, varie fortement selon les territoires.

Les conditions ne sont ainsi pas les mêmes au nord de l’Europe, marqué par une forte saisonnalité des besoins de chauffage et un moindre ensoleillement, et dans les régions proches de l’équateur, où la production photovoltaïque est moins saisonnière et peut davantage coïncider avec les besoins de refroidissement.
Les travaux de Justine Duval visent ainsi à identifier, à l’échelle mondiale, où les différentes technologies de production et de stockage bas-carbone peuvent être déployées au mieux, en tenant compte des spécificités géographiques et des besoins des territoires.

Une approche qui associe enjeux énergétiques, modélisation et réflexion sur une répartition plus équitable des ressources.
Je travaille sur un enjeu crucial : garantir un accès équitable à l'électricité décarbonée pour tous. Pour cela, je construis un modèle visant à déterminer comment répartir mondialement les éoliennes et les panneaux solaires de façon juste et respectueuse des limites environnementales. Concrètement, si l'on installe ces technologies là où elles répondent le mieux à la demande tout en développant les échanges d’électricité entre pays, on favorise une distribution équitable des ressources matérielles à l'échelle globale. À terme, ces scénarios de « justice énergétique » pourraient nourrir la coopération internationale, voire les travaux du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

Une recherche au cœur des enjeux de transformation écologique de l’UGA

Le sujet de recherche de Justine Duval fait directement écho aux grands enjeux portés par l’Université Grenoble Alpes. Accélérer la transformation écologique constitue l’un des trois piliers du projet stratégique de l’UGA, qui entend mobiliser ses activités de recherche, de formation et d’innovation pour contribuer aux transformations de la société.

Les questions énergétiques occupent une place majeure dans cette dynamique. Elles nécessitent de développer de nouvelles solutions technologiques, mais aussi de comprendre leurs conditions de déploiement et leurs impacts à différentes échelles.
À travers ses travaux, Justine Duval explore précisément cette articulation entre transition énergétique, performance des systèmes et équité dans la répartition des ressources.

35 jeunes chercheuses récompensées pour leurs recherches

Pour sa 20e édition, le Prix L’Oréal-UNESCO « Pour les Femmes et la Science » France distingue 35 doctorantes et post-doctorantes, sélectionnées parmi près de 820 candidates par un jury de plus de 50 membres de l’Académie des sciences. Les lauréates représentent différentes disciplines scientifiques et leurs recherches portent sur plusieurs grands défis contemporains : transition écologique, biodiversité, intelligence artificielle, compréhension de l’Univers, santé humaine ou encore développement de nouvelles thérapies.

Justine Duval figure dans la catégorie « Innover pour un futur durable », aux côtés de trois autres jeunes chercheuses dont les travaux portent notamment sur l’écoconstruction, le rafraîchissement des bâtiments et l’hydrogène naturel.

Créé en 2007, le Prix L’Oréal-UNESCO « Pour les Femmes et la Science » France récompense chaque année de jeunes chercheuses à un moment charnière de leur carrière. Les 35 lauréates 2026 rejoignent une communauté de plus de 5 000 femmes scientifiques dans plus de 140 pays et bénéficient d’une dotation ainsi que d’un accompagnement à travers un programme de formation au leadership.

Encourager les femmes à faire carrière dans les sciences

Au-delà de la reconnaissance de leur excellence scientifique, le prix entend contribuer à renforcer la place des femmes dans les carrières scientifiques. Les femmes représentent aujourd’hui environ un tiers des chercheurs dans le monde et restent sous-représentées dans les postes à responsabilités et certaines disciplines scientifiques.

En distinguant Justine Duval, le Prix L’Oréal-UNESCO met ainsi en lumière une jeune chercheuse dont les travaux répondent à un enjeu majeur pour les sociétés de demain, tout en contribuant à donner à voir la diversité des parcours et des talents qui font vivre la recherche à l’Université Grenoble Alpes.

Félicitations à Justine Duval pour cette distinction qui vient saluer l’excellence et la portée des recherches menées au sein de l’UGA et de son écosystème scientifique.
 
Parmi les 35 lauréates du prix L’Oréal-UNESCO « Pour les Femmes et la Science », Irene Calderón Sanou, post-doctorante de l'Université de Guyane, a réalisé et validé sa thèse "Vers une meilleure compréhension de la biodiversité multi-trophique du sol grâce à l'utilisation du métabarcodage de l'ADN environnemental" en 2022 à l'UGA au sein de l'École doctorale Chimie et science du vivant et du Laboratoire d'écologie alpine (LECA - UGA/CNRS/USMB).  Sa thèse à Grenoble lui révélait alors la vie foisonnante et méconnue des sols, des microbes aux animaux qui les habitent. Elle s'est ensuite spécialisée dans l'étude de ces organismes, avant un séjour de recherche en Allemagne consacré à leur conservation. Elle développe aujourd'hui son propre projet en Guyane, pour comprendre comment la biodiversité des sols façonne les écosystèmes tropicaux.
Publié le  7 octobre 2026
Mis à jour le  7 octobre 2026